Site sur l'agent des services secret de sa majesté, Bond... James Bond. L'agent 007. Découvrez l'univers de l'espion au permis de tuer. Ses films, les acteurs l'ayant interprété, ses femmes, ses alliés, ses ennemis, ses gadgets, ses véhicules... Et bien p
Casino Royale (2006)
Pour sa première mission en tant que 007, James Bond est chargé d'arrêter Mollaka pour remonter une filière de terroristes. La mission tourne mal et Bond improvise en l'assassinant. Furieuse, M relève Bond de sa mission. L'agent part alors aux Bahamas pour continuer lui-même l'enquête, le menant à Dimitrios et sa femme Solange. Il découvre que Dimitrios est associé à Le Chiffre, banquier privé du terrorisme international. M, au courant de la situation, rappelle alors son agent et l'envoie affronter Le Chiffre dans une partie de poker organisée au Casino Royale dans le Montenegro. Vesper Lynd l'accompagne pour veiller sur l'argent de l'état mis en jeu pour ruiner Le Chiffre et mettre fin à son organisation...
Réalisation: Martin Campbell
Production: Michael G. Wilson et Barbara Boccoli
Scénario: Neal Purvis et Robert Wade et Paul Haggis
Photographie :
Montage:
Décor: Peter Lamont
Musique: David Arnold
Première mondiale : Grande Bretagne, 14 novembre 2006
Sortie Française : 22 novembre 2006
Durée : 144 min
Budget : 150 millions de dollars
Box-office : 594 millions de dollars
Casting :
Daniel Craig: James Bond
Eva Green: Vesper Lynd
Mads Mikkelsen: Le Chiffre
Giancarlo Giannini: Mathis
Jeffrey Wright: Felix Leiter
Judi Dench: M
Caterina Murino: Solange
Simon Abkarian: Alex Dimitrios
Jesper Christensen: Mr. White
Ludger Pistol: Mendel
Tobias Menzies: Villiers
Sebastien Foucan: Mollaka
Isaach de Bankole: Steven Obanno
Ivana Milicevic: Valenka
L'avis du site :
‘LE RENOUVEAU’
Bouleversé dans ses codes par l'arrivée de saga Jason Bourne au ton plus sérieux, la saga James Bond se voit quelque peu démodée dans ses codes. Les producteurs se mettent à réver d'un grand retour aux sources pour Bond en le replongeant dans ses débuts, au travers d’une toute nouvelle série qui n’a plus grand-chose à voir avec les 20 films précédents. Cette idée de copier le sérieux et la rigueur de la saga Bourne est au départ déroutante, mais après tout, pourquoi pas ? Pour commencer cette quète du renouveau, on décide d'avoir de se séparer de Pierce Brosnan, qui rêvait d'un cinquième film, mais l'idée d'un James Bond plus réaliste ne pouvait se concrétiser qu'en faisant table rase du passé et en faisant appel à un nouvel acteur plus jeune. La liste des prétendants pour le rôle de Bond fut longue. Parmi eux, on retrouvait les candidats les plus évidents, tel Julian McMahon ou encore Clive Owen, mais aussi les plus étranges tel que Daniel Craig. Coup de théatre à la conférence de presse à Londres, c'est ce dernier qui est contre toute attente choisi pour incarner le James Bond du 21ème siècle. Les fans s’effondrent, le trouvant inapte au rôle car en constrate total avec l'idée que l'on se fait d'un James Bond. Il est vrai que sa première photo officiel de l'acteur en agent 007 était un raté total : fait à la va vite, ce portrait négligé n'a pas joué en faveur de Daniel Craig, et paraissait un brin parodique. Nombreux fans parlaient même de l'avenir incertain de la série, persuadés que l'acteur allait littéralement tué l'espion qu'il incarne. Poutant, les premières bandes annonces du film ont levé les doutes. Epatantes, elles méttaient en scène un Daniel Craig impressionnant, ce qui semblait inimaginable. C’est alors que de plus en plus de fans se sont mis à reconsidérer l'acteur, convaincus qu’il pourrait être un excellent James Bond, malgré son physique qui ne correspond pas forcément à l'espion britannique décrit par Ian Fleming. Casino Royale, plus qu'un reboot, est surtout attendu pour le nouvel interprête de Bond, qui est sans conteste la grande surprise de ce film.
Le film commence par un prégénérique en noir et blanc, sans gunbarrel. Rappelons-nous que Bond n’est pas encore 007. Les deux assassinats de Bond sont alors présentés et lui permettent d’obtenir son fameux permis de tuer. C'est une séquence courte, mais tellement efficace ! Quelle violence ! Quelle meilleure entrée en matière pour présenter le James Bond nouvelle génération, froid et brutal. Le prégénérique précède pour la première fois un gun barrel inédit qui lance le générique, pour la première fois sans silhouettes de femmes. Nous sommes ensuite plongés dans le cœur de l’action avec le très athlétique Daniel Craig, franchement convaincant. C’est le Bond le plus violent depuis Permis de tuer. Et tant mieux. Les scènes d’actions sont fort ingénieuses, notamment celle dans le chantier de Madagascar puis dans l’ambassade. C’est vraiment un grand dépoussiérage de la saga, et aussi un retour du baton violent pour la saga Jason Bourne. James Bond montre par cette scène qu'il reste le leader incontesté des sagas d'espionnage, et qu'il n'est pas près de perdre son leadership.
Les rapports en Bond et M sont très tendus. Cette dernière n’hésite pas à le blâmer et à lui reprocher sa violence. Selon elle, Bond a été promu ‘00’ bien trop tôt. Judi Dench est fidèle à elle-même dans son rôle. Elle est le seul élément concervé de la série du passé dans cette gigantesque entreprise de reconstruction du personnage de James Bond. Il aurait été plus cohérent de changer de M afin de mieux marquer la rupture avec les films passés, mais ne boudons pas notre plaisir, Judi Dench étant toujours aussi épatante dans le rôle du chef du MI6. Les autres acteurs sont fabuleux et se laissent découvrir en deuxième partie de film, après plusieurs scènes d’actions musclées, notamment celle à l’aéroport de Miami clôturant la première partie du film. Enfin nous découvrons Vesper, jouée par l'envoutante Eva Green. Elle exerce un magnétisme assez troublant. Au départ, Bond et Vesper s’échangent leurs attaques et sarcasmes mais se rapprocheront de plus en plus au fil de la mission. Giancarlo Giannini interprète à merveille le personnage de René Mathis. C’est un personnage fort sympathique auquel Bond accorde toute sa confiance. Jeffrey Wright campe quant à lui le rôle de Felix Leiter pour la première fois, et marque le retour d'un Leiter noir après celui de l'épisode hors série Jamais plus Jamais. Ses apparitions rares jouent la clé du subtil et font systématiquement mouche. Le clou du spectacle est Mads Mikkelsen, joue le grand méchant du film : Le Chiffre. Froid et énigmatique, le Chiffre n'a pas grand chose à voir avec les autres adversaire de la série. Contrairement aux ennemis habituels de la saga, le Chiffre n'est pas en position de force. Il a ses propres ennemis et son sadisme envers Bond dissimule une grande vulnérabilité vis-à-vis d'autres antagonistes qui leur poursuivent pour récupérer leur argent perdu par Le Chiffre au cours de mauvaises actions boursières. Superbe ! Seule concession aux codes du passé, il possède un défaut physique : sa cicatrice à l'oeil gauche, victime d'un dérèglement des glandes lacrymales. Les larmes de sang du Chiffre participent à son allure sinistre.
Mais voila qu'arrive l'élément clé du film : la partie de poker entre Bond et Le Chiffre. Longue et intense, celle-ci est marquée par plusieurs pauses imposées par le croupier qui sont prétextes à quelques scènes d’action vraiment grandioses comme le combat entre Obanno et Bond dans la cage d'escalier. Du grand art ! Violent, intense et visuellement magnifique ! Puis on revient sans temps d'arrêt à la partie de poker, après que Bond ait pansé ses blessures dans la salle de bain. Bond parait pour la première fois réellement humain : il souffre, saigne et se montre rééllement vulnérable. Frissons garanti. Croyez-moi, on ressent un réel investissement de Daniel Craig dans son rôle, surtout lorsqu'on le retrouve en Bond furieux d'avoir perdu la partie ! La scène d’empoisonnement qui s’ensuit est d’anthologie ! Quelle claque ! Petit regret, cependant : l’accident de l’Aston Martin manque cruellement de réalisme. Dommage !
Comme dans le roman, on retrouve la scène de torture, très proche de celle de Fleming même si Bond ironise plus dans le film. L'ambiance est pesante à souhait et vraiment glauque. C'est ce genre de scène rare que l'on avait pas l'habitude de voir jusqu'alors dans les James Bond. Mais ce n'est pas le seul élément qui nous bouleverse dans nos habitudes : pour ce qui est du méchant, Le Chiffre, celui-ci disparait 30 minutes avant la fin du film, ce qui est inhabituel pour un grand méchant dans la série, et réellement déroutant. De plus, cela faisait des années que l'on avait pas retrouvé dans un film de Bond une romance à la hauteur de celle d'Au service secret de sa majesté. On croit réelement à la romance entre 007 et Vesper, bien qu'elle soit artificiellement rallongée par des scènes dispensables, telle celle sur la plage, qui infligent une longueur regrettable dans la dernière partie du film, retardant inutilement l'arrivée de la grande scène d'action finale à Venise. Heureusement, Casino Royale reste dans l'ensemble prenant de bout en bout. Comme un symbole, c’est en fin de film que 007 lance son très fameux : ‘Mon nom est Bond, James Bond’ devant son ennemi à terre. Quelle meilleure conclusion pouvait-on donner au film ? Peut-être par un générique de fin nous faisant entendre pour la première fois du film le James Bond thème.
Daniel Craig est vraiment une bonne surprise. Du bon James Bond, surprenant car il n’est pas comme on l’attendait. Casino Royale marque un véritable renouveau dans la saga 007 et est le début d'une nouvelle série de films encore plus prometteurs que ce qui nous a été donné de voir par le passé. Vivement la suite !