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Tuer n'est pas jouer (1987)
Les espions britanniques meurent les uns après les autres. L'opération Smiert spionem (Смерть шпионам : « Mort aux espions ») aurait été déclenchée par le KGB. Or, le chef du service de renseignement russe, le général Leonid Pushkin nie sa responsabilité dans l'affaire. Il s'agit en fait d'un coup monté par le général Georgi Koskov, que James Bond a aidé a passer à l'Ouest. Koskov a simulé une tentative d'assassinat sur sa personne pour se rendre crédible. Il veut se servir du MI6 et de 007 pour éliminer Pushkin. Le chef du KGB a en effet découvert que Koskov est responsable d'un important détournement de fond. Son élimination permettrait à Koskov de poursuivre ses activités douteuses avec l'américain Brad Whitaker. James Bond découvre la supercherie et s'allie à Pushkin, avant de mettre à jour un important traffic d'opium en Afghanistan. La fiancé de Koskov, Kara Milovy, comprenant qu'elle a été piégée elle aussi par ce dernier, se lie à l'espion anglais.
Titre original: The living daylights
Réalisation: John Glen
Production: Albert R. Broccoli et Michael G. Wilson
Scénario: Richard Maibaum et Michael G. Wilson
Photographie : Alec Mills
Montage: John Grover et Peter Davies
Décor: Peter Lamont
Musique: John Barry
Première mondiale : Grande Bretagne, 29 juin 1987
Sortie Française : 16 septembre 1987
Durée : 130 min
Box-office : 191 millions de dollars
Casting :
Timothy Dalton: James Bond
Maryam D’Abo: Kara Milovy
Jeroen Krabe: général Georgi Koskov
John Rhys-Davies: général Leonid Pushkin
Joe Don Baker: Brad Whitaker
Andreas Wisniewski: Necros
Art Malik: Kamran Shah
Thomas Wheatley: Saunders
John Terry: Felix Leiter
Robert Brown: M
Desmond Llewelyn: Q
Walter Gotell: Gogol
Caroline Bliss: Miss Moneypenny
Geoffrey Keen: Frederik Gray
L'avis du site :
‘MAGNIFIQUE’
Roger Moore parti et le plateau 007 reconstruit, il est temps de repartir à nouveau sur des bonnes bases. On envisage d’ailleurs de retracer les débuts de James Bond en 007 mais cette idée est refusée par Albert R. Broccoli. De nombreux acteurs auditionnent pour le rôle de l’espion : du probable (Sam Neil) à l’improbable (Christopher Reeve). Parmi ces acteurs, il y’a Pierce Brosnan qui c’était fait remarquer lors de ses visites pendant le tournage de Rien que pour vos yeux, étant donné que le rôle de la Comtesse Lisl était attribué à sa femme. Il accepte le rôle mais est contraint de refuser l’offre car son contrat avec la série Remington Steele le retient pour une nouvelle saison, mais qui sera, au final, annulée. Timothy Dalton, alors indisponible pour cause de tournage redevient libre, du fait des nombreux retards du à la distribution des rôles. Broccoli, qui depuis longtemps l’avait remarqué, peut maintenant lui proposer l’offre, chose que Dalton accepte sans hésiter.
Tuer n’est pas jouer est probablement l’un des meilleurs films de 007. Il est à mille lieux de Dangereusement Vôtre à l’instar de L’espion qui m’aimait face à L’homme au pistolet d’or. C’est à se demander si les producteurs ne font pas un mauvais film pour mieux réussir le suivant... Bref, c’est dès le prégénérique à Gibraltar que l’on se rend compte du potentiel du film. En effet, on assiste à une magnifique séquence où Bond est accroché sur le toit d’un 4x4 conduit par un tueur d’espion. Timothy Dalton, le nouveau Bond, crève déjà l’écran car c’est lui-même qui a fait cette scène. Autant dire qu’il s’implique au maximum dans son rôle. Et ce n’est que le début, car après le générique et la superbe musique du groupe A-Ha, Dalton nous dévoile tout son charisme dans une autre magnifique séquence à Bratislava. La scène du tir au sniper reprend celle de la nouvelle de Ian Fleming, sauf que dans le film, la tireuse embusquée survie. Ce n’est autre que la nouvelle Bond girl, Kara Milovy. Jouée par l’actrice Maryam D’Abo, Kara est une violoncelliste piégée par son compagnon le général Georgi Koskov. En effet, il se sert d’elle pour rendre crédible son passage à l’Ouest. Kara Milovy est la seule Bond girl du film, mais le personnage est tellement attachant qu’elle suffit amplement.
Du côté des ennemis, on retrouve bien sûr Georgi Koskov, qui trahit le MI6 par une mise en scène d’assassinats d’agents ‘00’, Brad Whitaker, un militaire américain trafiquant d’armes et d’opium, et bien sûr Necros, le second couteau près à exécuter tous les assassinats qu’on lui demande de faire. Leur cible est le Général Leonid Pushkin, lui aussi très bien interprété, qui est dénoncé comme un traître au MI6. James Bond, devant le tuer, découvre la machination et s’en fera un nouvel allié. Le scénario est en effet à la fois simple, original et efficace, car très réaliste. Que les détracteurs se taisent, aucune domination du monde n’est ici en jeu.
La plus grande surprise du film est le retour d’Aston Martin. D’abord avec le cabriolet V8 Volante puis avec le coupé V8 Vantage pour une superbe course poursuite sur une route enneigée des Alpes aux abords de la frontière autrichienne. Le froid de l’Est n’est pas le seul décor du film, car on retrouve Tanger au Maroc avec l’impressionnant manoir de Whitaker. C’est là que l’une des plus belles scènes a lieu avec l’échappatoire de Bond sur les toits de Tanger après le faux assassinat de Pushkin. Magnifique, et mieux filmé que ce copieur de Jason Bourne et son plagiat moins classe. L’attaque des moudjahiddines sur la base aérienne russe en Afghanistan est également à retenir avec Kamran Shah, un chef résistant qui aide Bond après que celui-ci l’ait sauvé. Le plus beau combat du film est celui entre Bond et Necros sur la cargaison suspendue au dessus du vide à l’arrière de l’avion cargo. La scène finale est également bien pensée. Courte mais efficace, que demander de plus ? Par contre, le seul réel défaut du film, si seulement on peut considérer qu’il en s’agit d’un, est Felix Leiter. Il est ici totalement inutile car son apparition est trop brève et l’acteur peu convainquant.
Timothy Dalton est tellement génial qu’il mérite qu’on s’attarde plus sur lui. Il est à ce jour le plus proche du James Bond du roman. Il a par ailleurs réalisé la plupart des cascades lui-même. Toujours sérieux, il évite les plaisanteries inutiles et joue complètement à contre courant de son prédécesseur Roger Moore.
Ce film est tellement réussi qu’il peut plaire autant aux plus grands fans qu’aux spectateurs occasionnels. Une rareté ! Et la bande son signée John Barry, plus électronique cette fois, est également l’une des meilleure de la série. Le public a fait les éloges de ce film, malgré un peu de réticence face à Dalton : tout le monde s’est habitué à l’humour de Moore et l’arrivée d’un Bond plus sombre les surprend mais, heureusement, pas pour bien longtemps…