Site sur l'agent des services secret de sa majesté, Bond... James Bond. L'agent 007. Découvrez l'univers de l'espion au permis de tuer. Ses films, les acteurs l'ayant interprété, ses femmes, ses alliés, ses ennemis, ses gadgets, ses véhicules... Et bien p
Vivre et laisser mourir (1973)
Suite à l'assassinat de plusieurs agents, James Bond est chargé d'enquéter sur le docteur Kananga, qui est en fait Mr Gros Bonnet, un caïd de la drogue. 007 va aller à New York dans le quartier d'Harlem pour rejoindre Kananga puis à San Monique dans les Antilles, où il retrouvera, accompagné de Felix Leiter, Quarrel Jr. Après avoir infiltrer le manoir de son ennemi, Bond s'echappe avec la mystérieuse Solitaire. Tous les deux sont finalement poursuivi par Tee-Hee, un homme de main de Kananga avec un bras de fer dans les lieux environnants maudits par un sorcier, le baron Samedi, faisant peur à la population. Mais ceci n'est qu'une couverture qui permet à Kananga de cacher la drogue.
Titre original : Live and let die
Réalisation: Guy Hamilton
Production: Albert R. Broccoli et Harry Saltzman
Scénario: Tom Mankiewicz
Photographie: Ted Moore
Montage: Bert Bates, Raymond Poulton et John Shirley
Décor: Syd Cain
Musique: George Martin
Sortie américaine : 27 juin 1973
Sortie Française : 21 décembre 1973
Durée : 116 min
Box-office : 126 millions de dollars
Casting :
Roger Moore: James Bond
Jane Seymour: Solitaire
Yaphet Kotto: Dr. Kananga – Mr. Gros Bonnet
Julius W. Harris: Tee-Hee
Geoffrey Holder: Baron Samedi
David Hedison: Felix Leiter
Roy Stewart: Quarrel Jr.
Earl Holly Brown: Murmure
Gloria Hendry: Rosie Carver
Bernard Lee: M
Lois Maxwell: Miss Moneypenny
Clifton James: Shérif J. W. Pepper
L'avis du site :
‘NOUVEAU VISAGE’
Les producteurs le savaient bien, Sean Connery ne reviendrait que pour un seul film. Albert R. Brocolli envisage Timothy Dalton pour le remplacer. Néanmoins, Dalton refuse car il se trouve trop jeune pour le rôle. Le choix se porte alors sur le héros du Saint et d'Amicalement Vôtre, Roger Moore. On choisit d'adapter le roman Vivre et laisser mourir et il est décidé que Q n'apparaîtra pas dans ce film pour les débuts de Moore. Vu que le roman se passe avant Dr. No et que le film arrive après Dr. No, un problème survient : Quarrel apparaît dans ces deux romans mais il est déjà mort dans la version cinématographique. On ne se casse pas la tête longtemps et on décide de dire qu'il s'agit de son fils, Quarrel Jr. Qu’importe, le film est apprécié par les spectateurs et Roger Moore est très vite accepté dans le rôle de James Bond.
Le premier Bond de Roger Moore est bon. Etrangement, il n’apparaît pas dans le prégénérique, comme s’il était difficile d’imposer un nouvel interprète à l’écran. Pour ne pas arranger les choses, le prégénérique est vraiment moyen puisqu’il met en scène deux assassinats sans ampleur. C’est donc avec une mauvaise impression que démarre le film. Tant pis. Le générique démarre par une chanson chantée par Paul McCartney.
Dans ce film, on tombe dans le surréalisme. Il est peut être le plus mystérieux de la série car Bond a affaire au Baron Samedi. Tout tourne autour du culte Vaudou et bien que son ennemi meure, on le retrouve à l'avant du train en fin de film. Cela donnerait presque des frissons, surtout avec son rire abominable. En dehors de cet aspect macabre, le film n’est pas mauvais. Pour la première fois, les ennemis de Bond sont noirs, ce qui est osé en cette période de ségrégation raciale. Le docteur Kananga, le principal méchant, est plutôt intéressant. Cet horrible dictateur terrorise l’île de San Monique par le culte Vaudou. Derrière tout cela se cache un important trafic de drogue commandité par le Dr Gros Bonnet, qui n’est autre que Kananga lui-même.
Si le film se déroule principalement dans les Caraïbes, où la pauvreté est cette fois plus mise en avant que le côté paradisiaque des lieux, Bond fait une halte à New York, mais là non plus, 007 ne visite pas les lieux les plus branchés puisque sa mission le conduira à Harlem. C’est d’ailleurs l’occasion de retrouver Felix Leiter, joué par David Hedison. Il est bien plus convaincant que Norman Burton, mais ça, ce n’était pas difficile... Reste qu’on peut regretter que le scénariste ait favorisé l’humour au sérieux, surtout dans les dialogues parfois douteux de Roger Moore.
Les seconds rôles sont aussi peu consistants que dans le film précédent. Bien que la jeune Solitaire, la Bond girl du film jouée par Jane Seymour, mérite l’attention, les autres personnages sont à oublier. Rosie Carver est pitoyable et le Sheriff JW Pepper au summum du grotesque. Il gâche la poursuite en hors-bord dans les bayous par ses diverses interventions caricaturales. D’ailleurs la scène est peut être un peu trop longue. Heureusement, le bras droit de Kananga, Tee Hee, sauve l’honneur. Ce géant possède un bras métallique surmonté d’une pince. C’est avec lui qu’à lieu la meilleure scène du film, lorsqu’il abandonne Bond au milieu d’un îlot d’une ferme aux crocodiles. C’est ce genre de scène qu’on ne retrouve nulle part ailleurs que dans un film de Bond. Jouissif !
Roger Moore a un jeu complètement opposé à celui de Sean Connery. Il ne respecte en rien le personnage qu’il incarne en apportant à la série des jeux de mots ridicules et des sourires grotesques. Pourtant, il réussi à convaincre le public par sa sympathie. Mais ceux-ci oublient que ce n’est pas cela qui fait James Bond. Pourtant, Moore est devenu l’acteur qui a incarné le plus de fois l’agent secret, alors qu’il en est le plus éloigné. Ce film, bien que bon divertissement, commence à apporter de l’humour à outrance que l’on aurait jamais du voir dans une telle série. Le bon côtoie le mauvais. Reste malgré tout une sympathique scène de poursuite avec un vieux bus à impériale et de jolis décors, comme la base secrète de Kananga sous un vieux cimetière vaudou.
Si le film a bien marché en salle, on s’étonne que ses recettes aient dépassé celles de Goldfinger d’un million. Si cela n’est pas mérité, au moins cela a permis aux producteurs de rester confiants et de continuer à produire des films de James Bond.